BASE HELICOPTERE - SECURITE CIVILE
                                                  DE GRENOBLE
 


Alain Frébault, figure historique du secours en montagne, nous a quittés

Alain Frébault, pilote hélico de la Sécurité civile.

C’était un petit homme discret, à la moustache fine et à l’œil vif. Son nom sonnait comme un acteur historique des grands faits divers alpins de ces 50 dernières années. Aux commandes de son Alouette de la Sécurité civile, Alain Frébault est intervenu sur des sauvetages périlleux de l’Oisans à la Vanoise et jusqu’au Mont-Blanc. 1965 : un avion d’Air India s’écrase sur le toit de l’Europe, 117 morts. Frébault héliporte les secours là-haut. 1970 : avalanche de l’UCPA à Val d’Isère, 39 morts, le pilote assure les rotations vitales. Mais l’opération qui le fit à coup sûr entrer dans l’histoire de la montagne, s’est jouée à 4 200 m d’altitude sur la crête des Grandes Jorasses.

L’homme qui sauva Desmaison

Le 25 février 1971, lui qui ne connaissait que très peu ces lieux du massif du Mont-Blanc, est appelé en renfort à sa base du Versoud. Au premier survol, il aura le coup de génie de se poser là où depuis une semaine bien des pilotes d’hélicoptère locaux n’avaient songé aller, déroutés par des vents démoniaques. « J’ai eu la bonne intuition », confiait-il. Depuis 15 jours, René Desmaison, le plus célèbre alpiniste français, est bloqué, 90 m plus bas dans la face nord. Grâce à la manœuvre de Frébault, quatre sauveteurs pourront évacuer Desmaison par le haut. Pour Gousseault, il était trop tard. Depuis, Desmaison, qui lui devait la vie, lui enverra un cadeau à chaque Noël.

En 1986, Alain Frébault, chevalier de la Légion d’honneur, raccrochera le manche après 8 000 heures de vol, dont 4 000 en hélicoptère, et 750 secours en montagne. Originaire de la région parisienne, dès 16 ans il avait affiché sa vocation pour les airs. Aéronef, planeur, puis vol moteur… Les aérodromes étaient ses terrains de prédilection.

À 28 ans, il intègre la Protection civile, rentrant chez les CRS pour sa formation et son brevet de pilote hélicoptère à Dax.

En 1963, Frébault fut affecté à Grenoble où il effectuera la quasi-totalité de sa carrière. Le pilote se prendra de passion pour le Vercors où il retapera un chalet. Lors d’une rencontre à Mérindol (Vaucluse) où il s’était retiré, il évoquait ce secours dans les gorges de Domène, où il avait eu l’idée de rallonger son treuil avec une corde pour sauver un homme de la noyade. Ou encore cette intervention extrême à la Meije, au bivouac des Demoiselles, où il s’était posé sur une plateforme pas plus large qu’une table.

Alain Frébault s’est éteint le 21 octobre dernier, à 80 ans des suites d’une longue maladie. Incinéré dans l’intimité, il restera pour le monde du secours et des hélicoptères comme une des grandes références.




SÉCURITÉ CIVILE Vincent Saffioti, Thomas Schaller et Cyrille Tintillier font valoir leurs drois à la retraite

Trois figures du secours héliporté tirent leur révérence                                                                                                                                                                                              

Départ à la retraite pour Vincent Saffioti, Thomas shaller et Cyrille Tintillier
De gauche à droite, Vincent Saffioti, Thomas Schaller et Cyrille Tintillier

LE VERSOUD
Leur modestie en souffrira certainement, mais le départ à la retraite de ces trois-là constitue une date importante de l'histoire régionale du secours héliporté. A l'heure ou il est d'usage de faire des comptes, ils ont constatés, en additionnant aventure, expérience et sueurs froides, qu'ils totalisaient à eux trois 28000 heures de vol, quelques milliers de sauvetages et 73 ans de service...

La fin d'une époque dans le monde très fermé du secours héliporté en Isère
Vincent Saffioti, pilote et chef de la base du Versoud, son collègue Thomas Schaller, pilote lui aussi, et leur compère Cyrille Tintillier, mécanicien navigant, ont respectivement démarré leur carrière isèroise en 1991, 1988 et 1984 aux commandes ou à bord des providentiels hélicoptères blanc et rouge (puis jaune et rouge) de la Sécurité civile.
Bien des alpinistes en perdition, des randonneurs blessés, des surfeurs égarés et des accidentés de la route doivent une fière chandelle à ce trio et à ses camarades du Samu, du PGHM, de la CRS des Alpes, ainsi qu'aux sapeurs pompiers.
Après avoir volé pendant des années sur cet extraordinaire appareil qu'était l'Alouette 3,  Vincent, Thomas et Cyrille ont dû, au tournant du siècle, se remettre en cause,  boulverser leurs habitudes et s'adapter au nouvel hélicoptère de dotation du secours héliporté français: l'EC 145, un concentré de nouvelles technologies, une machine polyvalente qui n'était pas spécifiquement conçue pour le secours en montagne. Quelques années après l'arrivée de l'EC 145, désormais familier des Isèrois, tous conviennent qu'un grand pas technique a été franchi, même si les trois jeunes retraités gardent un souvenir ému de leurs secours à bord de l'Alouette 3.
En célébrant dignement le départ de ces trois fortes personnalités, leurs amis et camarades de toutes les unités impliquées dans le secours ont donc rendu également hommage à trois carrières bien remplies. Car le départ de ces derniers aventuriers, qui ont parfois tout risqué pour mener à bien leur mission de service public, ne marque pas seulement le terme d'une belle histoire humaine: il est aussi la fin d'une époque dans le monde très fermé du secours héliporté en Isère.

 



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